Ouragan est le dernier roman de Laurent Gaudé (photo de l’auteur) paru chez Actes Sud en août 2010. Il a obtenu en 2004 le prix Goncourt pour son ouvrage : Le soleil des Scorta
Ce roman est l’histoire croisée de différents personnages qui peuplent la Louisiane et le Texas. Nous y retrouvons une négresse hors d’âge (Josephine Linc. Steelson), un prêtre, un couple qui se retrouve et des prisonniers.
La « sale chienne » arrive. Elle va tout dévaster sur son passage. La tempête sert de trame de fond pour faire évoluer ces personnages. Elle permet à l’auteur de faire une analyse psychologique fine de tous ces individus. L’auteur met aussi en évidence – à mon avis – les faiblesses du modèle américain : le traitement des noirs, l’abandon des prisonniers dans leur centre pénitencier. Tous les gueux et les vilains de la Nouvelle-Orléans seront évacués depuis le stade principal afin de montrer que l’Etat (pour se donner bonne conscience) pense à tous ses concitoyens…
Ce qui est intéressant de noter, c’est aussi l’évolution de tous ces personnages qui se cherchent : les uns un amour perdu, les autres : une rédemption ou tout simplement la liberté.
Le livre suit une progression par chapitre où chaque paragraphe constitue une avancée dans l’histoire d’un personnage.
Si le lecteur cherche un roman montrant La Nouvelle Orléans et une description précise de la ville avant, pendant et après la tempête il passera son chemin. Des péripéties ? Aucune. L’action est très lente pour peut-être faire contrepoids à la violence de la tempête.
Dans l’écriture, tout est la troisième personne du singulier ou du pluriel. Cette méthode d’écriture permet une distanciation entre les personnages de l’auteur et le lecteur. C’est un peu comme si nous étions dans un « loft story like » où le lecteur est le spectateur de tous ces personnages. Peut-être l’auteur a-t-il voulu que nous soyons des voyeurs et que la Nouvelle-Orléans sous la tempête soit la scène du spectacle.
Personnellement, j’ai attendu la centième page (sur deux cents) pour « rentrer » dans le livre et « l’achever ». Le lecteur devra donc être patient pour un ouvrage qui ne restera pas impérissable. Mieux vaut privilégier son emprunt plutôt que son achat (prix : dix huit euros toutes taxes comprises).
Vous pouvez acheter le livre sur les sites suivants :
ou l’emprunter à la bibliothèque de Toulouse…