Ma lecture de BDs numériques

Comme dans un précédent billet où j’abordais dans un panorama général mes pratiques liées à la lecture numérique, j’ai décidé de rédiger un article consacré à mon expérience de lecture de la bande-dessinée numérique. Je vais pour cela reprendre le même cheminement que pour la musique numérique et les livrels à savoir : les formats de fichiers, la recherche de fichiers, l’indexation,  les logiciels de traitement, les dispositifs de lecture et les logiciels dédiés.

Les formats de fichiers

Historiquement, la BD numérique était l’affaire de « passionnés » qui découpaient des ouvrages physiques page par page pour les numériser. A la sortie, le lecteur dispose soit d’un ensemble de fichiers « image » (une page donne une image) ou d’un fichier pdf si les auteurs ont eu la gentillesse de compiler l’ensemble des pages. Naturellement, cette pratique ne se trouve pas dans le domaine gratuit ou public…

Le plus souvent, les bds numériques sont dans des formats .cbz ou .cbr. Tous deux sont dérivés du format de compression .rar et sont les deux extensions sont les plus communes de BD numériques (avec le pdf). Il s’agit dans les faits d’un format de compression permettant d’assembler en un seul et unique fichier un ensemble d’images.

A noter enfin la présence de fichiers epub dans certains cas. Ce format, et ses déclinaisons successives, est le plus courant dans les livrels pour l’interopérabilité d’un document quel que soit son support de lecture, son système d’exploitation et son logiciel de lecture. En ce sens, l’epub va plus loin que le fichier pdf. Cette dernière remarque est naturellement à discuter dans les commentaires.

La recherche de fichiers

La BD numérique gratuite ou libre existe. Personnellement, j’ai constitué un corpus avec l’aide de mes amis Google et Exalead (patriotisme numérique oblige). Je vous invite à saisir dans Google l’équation suivante : filetype:.cbz + »[titre de l'album recherché"]. Naturellement il y a aussi des sites comme The Digitam Comic Museum qui mettent à la disposition de l’internaute une multitude de bandes-dessinées gratuitement. Les sites de partage de liens peuvent être également d’excellentes sources. Des services comme Pearltrees ou Reddit peuvent être très pertinents. Il suffit de rentrer l’extension du fichier (.cbr ou .cbz par exemple) dans le moteur interne du site ou des tags des services concernés.

Une autre piste à ne pas négliger pour la constitution d’un corpus est celle des services de streaming de lecture. Moins utilisés, ces services peuvent toutefois rassemblés quelques opus intéressants. Ils permettent à des auteurs de s’auto-publier. Ces services, moyennant de la publicité dans leur version gratuite, permettent l’envoi d’un fichier dans le cloud et ensuite, après traitement, assurent une mise en page « augmentée » du document transféré. Prenons pour exemples les services tels que Calaméo, Youblisher ou Issuu. Il y en bien d’autres…

Il existe aussi des sociétés, qui proposent moyennant un abonnement, un accès à des catalogues de BDs extrêmement riches en streaming. C’est le cas d’Izneo.

L’indexation

A titre personnel, j’ai utilisé le service en ligne BDvore pour indexer mon corpus. Après création du compte (accès sécurité par la suite), vous avez la possibilité d’indexer des séries complètes ou bien d’isoler les albums de série en votre possession. Le service dispose d’une base de données très riche et la majeure partie des grandes séries s’y trouve. Le moteur interne du site propose aussi une aide à la saisie très pratique. L’autre point qui est pour moi important est la possibilité d’exporter sa collection. Deux choix nous sont proposés : un export excel (avec tous les traitements possibles par la suite) et un état pdf mis en forme permettant l’établissement d’un document assez professionnel. Si le résultat est esthétiquement bon, la taille du fichier généré est importante. Un exemple ici. Attention ! Le fichier fait 60 Mo. Votre internaute risque de perdre patience… Le site propose enfin de partager sa collection sur les réseaux sociaux comme les incontournables Facebook et Twitter.

Il y a aussi des logiciels comme BD Gest permettant de gérer sa collection adossé au service web du même nom. Peut-être le plus connu des bdvores, le site BD-thèque est aussi une référence. La bande-dessinée est souvent qualifiée de neuvième art. Les sites d’actualités sont donc pléthores et les possibilités de récupérer des données formatées importantes. J’ai cité un service en ligne et un logiciel spécifique pour gérer des collections de BDs. Il existe en outre des logiciels plus génériques de gestion de livres : Tellico, Livrothèque ou l’excellent Calibre (très complet mais complexe à prendre en main).

Les logiciels de traitement

Personnellement, je pense qu’il est préférable d’optimiser tout son corpus aux formats .cbz et .cbr. Comme le pdf, il existe des logiciels de lecture de ces formats pour tous les systèmes d’exploitation et tous les supports. Évoquons le vif du sujet. J’ai traité tous mes fichiers uniquement sous Windows avec les logiciels gratuits ou libres suivants :

  • Comic Book Archive Creator (2,64 Mo) est un gratuiciel permettant la compilation d’un ensemble de fichiers image en un fichier .cbr. Son intérêt réside dans le fait que souvent les bandes dessinées numériques ont autant de fichiers que de pages numérisées. In fine, les rassembler en un seul document s’avère très pratique. C’est l’objet de ce logiciel. Il est tout à fait possible d’imaginer une série en plusieurs tomes en un seul et unique fichier. Personnellement, je préfère un fichier pour un tome. Cela est pour moi plus commode pour gérer une collection importante.
  • Cbr-converter est un logiciel libre sous licence GNU GPL v3 permettant la conversion des fichiers pdf en .cbz ou .cbr. Comme indiqué juste au-dessus, j’ai fait le choix (à discuter dans les commentaires de ce billet : pour ou contre ?) de convertir mon corpus dans les formats .cbr ou .cbz. Ce logiciel m’a permis de traiter les fichiers pdf en les convertissant dans le format désiré.

Les dispositifs et les logiciels de lecture dédiés

Il est possible aujourd’hui de lire de la BD numérique sur tous les dispositifs : ordinateur fixe ou portable, tablette, smartphone et liseuse. Naturellement à chaque support correspond ses spécificités de lecture et logiciels spécifique.

1) Évacuons en premier lieu la liseuse

Ces dispositifs, « à encre numérique », lisent en grande partie des fichiers epub. Leur intérêt vient de leur autonomie : en moyenne un mois. Toutefois les fichiers sont affichés en noir et blanc ce qui est limité pour apprécier de la BD. A ma connaissance, seule la Kobo Aura HD permet de lire les fichiers .cbr ou .cbz et .epub naturellement. Son rétroéclairage permet une lecture la nuit en abimant moins les yeux que l’éclairage d’une tablette ou d’un smartphone. Naturellement la durée de la batterie s’en trouve réduite.

2) Les tablettes et les smartphones

Pour les dispositifs fonctionnant sous Android, j’utilise l’application gratuite Perfect Viewer disponible sur Google Play. Cette application permet de visualiser sa collection dans une bibliothèque comme Ibooks. Les albums peuvent être classés également dans des dossiers : pratique pour les séries. Ils peuvent être lus en mode portrait et paysage. Une brique logicielle a ajouté permet également la lecture de fichier pdf. J’ai testé la lecture de Bds sur une tablette 8 pouces Samsung Galaxy Tab 3 et sur un smartphone Samsung Galaxy Note 3. Lire sur un écran couleur est déjà un régal. Je pense qu’il faut disposer au minimum d’une diagonale d’écran de 6 pouces. Il faut privilégier le mode paysage pour jouir d’une lecture optimale.

Concernant les dispositifs sous Ios, j’ai testé la lecture de BDs numériques avec un Ipad 2. Là, j’avoue que rien n’égale la qualité matérielle de « la pomme ».  La qualité de l’écran donne un confort de lecture inégalable et sa diagonale permet une lecture en mode portrait comme une vraie BD. Le pied ! ou plutôt, plein les yeux !

3) Pour les ordinateurs, il faut raisonner selon le système d’exploitation présent sur la machine :

  • Pour Windows, j’utilise le logiciel Honeyview qui permet une lecture plein écran. Assez simple à manipuler, il remplit ce pourquoi il est fait. Il est possible aussi d’utiliser un visionneur de fichiers pdf qui lit les fichiers .cbr : Sumatra PDF.
  • Pour Mac OS, j’utilise le logiciel ComicFlow qui est aussi une visionneuse d’image. Même propos que sur Ipad, les écrans de « la pomme » expriment ici toute leur capacité.
  • Pour Linux, j’utilise le logiciel libre Comix. Comme Honeyview, il remplit ce pourquoi il est fait : la lecture simple des bandes-dessinées numériques.

Naturellement ce panorama de mon expérience de lecture dédié à la BD numérique est loin d’être exhaustif. N’hésitez donc pas à le compléter en laissant des commentaires à ce billet.

Cédric Beucher

Une réponse à “Ma lecture de BDs numériques”

  1. Cedric dit :

    Pour compléter les logiciels disponibles pour indexer, lire, convertir, les BDs numériques, je vous invite à consulter le lien suivant :

    http://www.bdzmag.com/-BDz-Apps-

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