Archive pour août 2011

Super 8 de J.J. Abrahams

Jeudi 18 août 2011
Laffiche du film Super 8

L'affiche du film Super 8

Comme chaque été, le cinéma « made in US » nous apporte son lot de films qui rend idiot : ces fameux blockbusters (production à gros moyens financiers, matériels et humain).

J’ai hésité entre les films traitant de la genèse de super-héros : Capitain America, the first avenger ou Green Lantern ou un film produit par Steven Spielberg comme le stipulait l’affiche. J’ai opté pour le second sachant qu’il aurait toujours des séances de rattrapage pour les premiers.

Super 8 de J.J Abrahams
se déroule dans une ville perdue de la patrie de l’oncle Sam. Une bande d’amis, durant un été, décide de réaliser un film pour le présenter à un festival de créations cinématographiques d’adolescents. Lors de du tournage d’un des plans du film dans la gare de la ville, un train de l’US Air Force déraille car un type très très malheureux et bourré de remords souhaite se suicider en jetant sa camionnette contre le train. Le train déraille. Le pauvre type s’en sort malgré la locomotive qui lui passe dessus. La scène où le train déraille est digne des grands classiques du genre : les wagons s’empilent les uns sur les autres, moultes explosions, etc. Notre bande en culotte courte s’en sort. Et oh surprise ! Un méchant extraterrestre, s’étant écrasé sur notre belle planète bleue, souhaite désespérément rentrer chez lui (ET téléphone…). On se demande pourquoi il veut retourner chez lui : « home sweet home ». Mais attendez, ce méchant monstre a été torturé, mutilé et maintenant il veut se venger…

Il commence à kidnapper les habitants pour les manger. Là, il faut commencer à avoir peur. Mais peu après le déraillement, nos GIs ou rangers débarquent pour récupérer le hideux monstre. Le hic, il retrouve des bandes de film du tournage de nos adolescents dont l’un a pour père l’adjoint au shérif de notre belle cité où tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Ce héros, malgré lui, prend l’ampleur du sinistre quand tous ces administrés se plaignent de tous les maux du monde : mon chien a disparu, je n’ai plus de courant dans ma maison, etc.

Le gentil sheriff dans le film

© Paramount Pictures France - Le gentil sheriff dans le film

Mais l’armée est là et elle l’empêche de faire son « job ». On peut rajouter une amourette entre le fils du shérif et la seule fille du groupe dont le réalisateur du film est désespérément amoureux. Bref, tous les ingrédients d’un film traitant en longueur sont en place.

Je ne développerais pas plus l’histoire (même si notre ami ET regagne sa patrie et que notre héros – le fils du shérif – sauve sa dulcinée en communiquant avec le monstre). Zut, j’en ai trop dit. Voilà, vous savez tout. Si cela vous tente d’aller voir ce film, le seul motif valable est d’échapper à la chaleur ambiante en profitant de la climatisation d’une salle de cinéma. Ci-dessous le teaser du film en VF depuis le site web Allocine.fr :


Absolument dé-bor-dée – Le paradoxe du fonctionnaire de Zoé Shépard

Mercredi 3 août 2011

Il existe de nombreux ouvrages qui ridiculisent l’administration. Les mêmes idées pourraient être aussi étendues au secteur privé. Les sociologues des organisations y trouveraient de nombreux terrains d’étude.

Zoe Shepard (nom d’emprunt) est chargé de mission dans une collectivité territoriale. Son ouvrage décrit une année d’activité dans cette administration au service des relations internationales. Elle y évoque son ambition du service public après le passage par une haute école de l’administration et les concours. Elle aborde sa désintégration fantasque dans son service où elle est affectée.

Elle se rend compte très vite que son service est « un univers impitoyable » où règne la stupidité et le « ne rien faire ». Pour être le mieux noté, mieux vaut ne pas se stresser : une note (une semaine), des conversions (des soucis avec la règle de trois), des instructions jamais comprises et à récupérer à la dernière minute. Tous les gens minutieux ou consciencieux connaissent…

Elle dénonce les frasques et les absurdités de son employeur en brisant l’omerta ce qui vaudra à l’auteur une mise à pieds, fait rarissime pour un fonctionnaire. Faisant appel, sa peine sera commuée en une simple suspension, tout de même…

Pierres Desproges sur scène (1985)

Pierres Desproges sur scène (1985)

Deux passages m’ont impressionné dans ce journal : la location entre collègues de monospace au meilleur tarif pour coucher avec tel ou telle collègue et une citation empruntée à Pierre Desproges relative à la nouvelle année que je reprends intégralement ici : « Qu’est ce que le 1er janvier, sinon le jour honni entre tous où des brasssées d’imbéciles joviaux se jettent sur leur téléphone pour vous rappeler l’inexorable progression de votre compte à rebours avant le départ vers le Père-Lachaise… Dieu merci, cet hiver, afin de m’épargner au maximum les assauts grotesques de ces enthousiasmes hypocrites, j’ai modifié légèrement l’annonce de mon répondeur téléphonique. Au lieu de « Bonne année à tous », j’ai mis « Bonne année, mon cul ». C’est net, c’est sobre, et ça vole suffisamment bas pour que les grossiers trouvent cela vulgaire » in Chronique de la haine ordinaire.

Je trouve que cette dernière citation résume l’esprit du livre : sobre, direct sans aucune hypocrisie. Je ne sais pas si ce journal était l’exutoire de l’auteur ou si au bout du compte elle est partie en Afrique construire une école. Mais ce pamphlet fait du bien car nous sommes tous confrontés à des situations similaires (aussi bien dans le privé que dans le public) et ce livre défoule allègrement et fait ressortir, je le pense, tout ce que l’on voudrait dire parfois à ses collaborateurs malgré une inhibition de bon sens.

Bref, un moment cynique et très drôle dans la « sinistrose ambiance » de nos vies professionnelles. A lire vite…