Archive pour novembre 2010

Ne soyons pas ce que nous condamnons !

Vendredi 12 novembre 2010

Toute organisation humaine distille ses normes et ses valeurs. Ces éléments structurants fondent l’assurance, voir la « réassurance » de ces organisations, sa légitimité aux yeux des membres qui la composent ou son « inutilité sociale »… Ériger des principes, valeurs ou normes comme éléments indéfectibles de sa propre constitution tend à des extrémismes que ces mêmes organisations condamnent allègrement.

Tel est le cas de la laïcité. Ce concept induit par définition une non ingérence des affaires religieuses dans les affaires de l’Etat (et inversement). Dans son acception plus commune, il s’agit de faire son affaire personnelle du culte et de ne pas en faire part sur la place publique.

Ces derniers temps la laïcité, valeur intrinsèque de la république française (tout du moins depuis la troisième), est érigé comme un rempart à tous les extrémismes qui parcourent le monde.

Attention à ne pas devenir des fondamentalistes de la laïcité car à condamner ce sur quoi nous jetons l’opprobre, nous risquons de tomber dans les mêmes travers même si le concept défendu peut paraître noble…


The Imagine Project d’Herbie Hancock

Vendredi 12 novembre 2010

Herbie Hancock est le roi de la fusion. Son dernier opus « The Imagine Project » nous invite à un mélange des genres : electro, musique du
monde, jazz, soul, funk, etc. Rarement j’ai autant apprécié un album de fusion. Initié récemment à la musique électronique, dont notre
ami Herbie, est l’un des papes, cet album répond à une pulsion créatice de synthèse de l’artiste : l’âge mur en somme.

Des artites tels que Seal, Oumou Sangare (écouter la berceuse Djorolen, dernière piste de son album Worotan) dans Imagine, India Arie accompagnent ce disque.

Ce qui est intéressant à relever est le séquencage entre les différents styles musicaux. Nous passons de la pop à la soul, de la soul
à la world, etc. Ces passages peuvent perturber les auditeurs mais pas les amateurs d’electro ni les initiés à l’artiste.

Le démarrage peut sembler lent sur certains morceaux de l’album, mais comme patience est mère de vertus, il faut être patient pour
apprécier la richsesse des croisements musicaux opérés.

Je pense que que cet album est un aboutissement.
Pour écouter l’album, cliquez sur le lien suivant.


Pensées sombres du dimanche soir… sur la nature humaine

Dimanche 7 novembre 2010

« Aimer son prochain comme soi-même, la petite phrase que l’on m’a inculquée dès mon plus jeune âge continue à me transpercer la cervelle, litanie stupide, précepte dérisoire. Personne n’aime personne. On n’aime que soi. On joue la comédie pour que la cohabitation soit tolérable, on invite à la haine qui nous dévore des excuses grandioses. Je te détruis parce que mon dieu me l’a ordonné, je te trucide parce que tu vis sur mon territoire sacré. Moi au moins, j’ai l’honnêteté de ne plus chercher de vains prétextes. Le moustique qui me bourdonne aux oreilles me dérange ? J’aplatis le moustique. C’est pourtant une créature de Dieu, le moustique, non ? Grande vanité de l’être humain de se croire supérieur au moustique ! J’aplatirai donc sans scrupule l’humain si sa présence à mes côtés me gêne. C’était bien ça, le déclencheur quand j’ai tapé sur le crâne de ma cousine Marguerite avec la bouteille. Inutile d’ergoter. La différence notable est que j’éprouve plus de plaisir à la mort d’un de mes semblables qu’à celle du moustique… »

In Un coin tranquille pour mourir d’Yvonne Besson

« Un anthropologiste qui était allé étudier les Pygmées constata avec stupeur que les tribus qui vivaient alentour le dédaignaient et le tenaient à l’écart, parce qu’il frayait avec une peuplade inférieure, les Pygmées étant à leurs yeux des gens de rien, des « chiens », indignes d’éveiller le moindre intérêt.
Il n’y a pas plus exclusiviste qu’un instinct vigoureux, inentamé. Une communauté se consolide dans la mesure où elle est inhumaine, où elle sait exclure… Les « Primitifs » y excellent. Ce ne sont pas eux, ce sont les « civilisés » qui ont inventé la tolérance, et ils périront par elle. Pourquoi l’ont-ils inventée ? Parce qu’ils étaient en train de périr… Ce n’est pas la tolérance qui les a affaiblis, c’est leur faiblesse, c’est leur vitalité déficiente qui les a rendus tolérants ».

In Ebauche de vertige de E.M.Cioran